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Centres d’appels : sus aux délocalisations ! Version imprimable Suggérer par mail
Le secrétaire d’Etat à l’Emploi, Laurent Wauquiez, a annoncé hier des assises afin d’enrayer la délocalisation des centres d’appels. Dans un centre d'appels © SIPA  Laurent Wauquiez veut faire rentrer les centres d’appels en France. Ces immenses plates-formes téléphoniques reçoivent vos appels quand vous avez un problème d’abonnement téléphonique ou encore quand vous contactez EDF pour votre facture d’électricité. Avec l’explosion de la téléphonie mobile et d’Internet, cette activité a pris une importance considérable . « C’est un secteur qui pèse lourd : 250.000 emplois en France », constatait lundi encore le secrétaire d’Etat à l’Emploi.

Malheureusement, depuis quelques années, la présence de ces sociétés sur le territoire français a diminué. Pour proposer des prix compétitifs, les « call centers » ont progressivement délocalisé une partie de leurs plates-formes téléphoniques vers le Maroc et la Tunisie. « Aujourd’hui, le secteur emploie environ 40.000 personnes dans ces deux pays », explique Laurent Uberti, président du Syndicat des professionnels des centres de contacts (SP2C). Et comme le premier objectif des donneurs d’ordre (les entreprises qui font appel aux call centers) est de baisser leurs coûts, l’importance des pays du Maghreb va grandissante.
Salariés français trois fois plus chers

Face à cette « fuite des emplois », Laurent Wauquiez veut prendre des mesures strictes. « Il y a cinq ans, Jean-Louis Borloo avait passé un accord avec le secteur des centres d’appels, qui s’était engagé à créer 100.000 emplois. Ils en ont créé combien ? Aucun », s’emporte-t-il contre la profession. Des assises des centres d’appels sont donc prévues à la rentrée, pour endiguer le phénomène. Mais même avec la meilleure volonté du monde, rien n’est encore garanti. « En gros, le salaire minimum en France, c’est le SMIC, soit 1.343 € brut par mois. Au Maroc, nos salariés sont payés entre 400 et 450 € mensuels, ce qui est considéré sur place comme un salaire correct. Du coup, ils bénéficient de centres ultramodernes, avec de bonnes conditions de travail, de la formation, et même des crèches  », constate Laurent Uberti. Selon lui, fermer les centres d’appels au Maghreb ne ferait pas rentrer les emplois en France, et conduirait simplement à la mort à petit feu du secteur.

Quelle qu’elle soit, la réponse devra, pour avoir un effet tangible, être trouvée très rapidement. La semaine dernière, Téléperformance, le leader mondial du secteur, a encore annoncé 830 suppressions de postes, qui viennent s’ajouter aux 585 décidées l’an passé. La société est l’un des premiers employeurs privés de Tunisie.
 
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